Bal passé

Ensembles
TM+
Durée totale
1:00:00

Bal Passé s’inspire d’un lieu où la rencontre entre les deux matières impalpables que sont le son et la lumière semble naturelle : les pistes de danse. Les bals sont ces lieux où la « traduction » du son s’opère par les corps dans la lumière. Ils sont l’empreinte physique du son, de l'image et de son mouvement. Ce projet veut puiser dans les mémoires d’après bal, recréant ce moment où les empreintes visuelles et sonores se mélangent aux réminiscences du mouvement et de l’entrechoc des corps : une mémoire de la synesthésie.

 

 

Pour donner vie à cette idée, un support scénographique et un ensemble instrumental sur scène viendront se joindre à un dispositif de lumière et au dispositif électroacoustique.

Arpentant la scène comme un orchestre d’harmonie déambule dans les rues de quartier, un chef, des musiciens, un accordéon fantasque. Dans le noir profond ou les découpes tranchantes de lumière, ils apparaissent et disparaissent, la musique elle-même semble danser au gré de l’ombre et du vif.

Ici, la lumière ne viendra pas éclairer l’image, elle sera l’image elle-même, l’image en mouvement perpétuel.

Comment concevoir l’idée de la danse par la lumière ? Comment construire des tableaux dans lesquels le corps humain devient le support de la lumière (et son ombre) et la lumière une résultante des gestes des musiciens ?

A l’aide d’un dispositif avec capteurs de mouvements placés sur quatre des musiciens présents sur scène, des animations lumineuses et sonores seront générés en temps réel.

 

 

Au programme, deux pièces d’abord, pour ouvrir et renverser nos sensibilités en mesurant le poids des musiques populaires lorsqu’elles sortent prendre l’air du temps.

Le roi de la fête se métamorphose en gigantesque ogre sonore dans Natura Morta, du compositeur espagnol Carlos de Castellarnau : une impressionnante machine craquetante et grondante pour accordéon et électronique en temps réel, où l’une semble tirer l’autre au-delà du possible.

Les Six bagatelles pour quintette à vent de György Ligeti, aux impulsions populaires à la Bartók et Stravinsky, enchaînent six mouvements joués en mouvement, joués en fanfare, avant que n’éclate la lumière sur la création du compositeur franco-brésilien Januibe Tejera.

Januibe Tejera fut accordéoniste de bal populaire ; il consulte l’anthropologie musicale comme le répertoire de ses inspirations ; il invente depuis longtemps des sons nouveaux dans son laboratoire électronique des désirs. Tout s’explique et n’explique jamais vraiment.

Cela ne ressemblera pas à un nocturne pour cuivres New Orleans, ni au carnaval de Recife pris dans l’orage électronique. Plutôt à une joyeuse explosion des sens…

 


Januibe Tejera Conception et composition

Carlo Laurenzi Réalisation informatique musicale (Ircam)

Claudio Cavallari Conception lumière

Jean-Baptiste Bellon Scénographie

Laurent Cuniot Direction

Ensemble TM+

 

Egalement avec les oeuvres

Carlos de Castellarnau Natura Morta pour accordeon et électronique

György Ligeti Six Bagatelles pour quintette à vent

 


Danse de la lumière et des corps musicaux, bal électro-ludique pour « piano à bretelles », fanfare sans flonflons d’un terroir imaginaire, le programme de ce projet multimédia entend bien renouveler ce que l’on croyait savoir de l’accordéon, et de la fête populaire.