NewDeal2019 - La Musique au Féminin

Au cours du 17e siècle, l'Italie connaît une vraie floraison de compositrices : majoritairement religieuses, c'est au couvent qu'elles ont accès à l'éducation musicale nécessaire pour composer. C'est aussi la patrie de premières compositrices assumées, comme Maddalena Casulana ou Barbara Strozzi.

D'autres femmes étaient tout aussi productives en Italie : les nonnes. Les couvents étaient un refuge pour beaucoup de filles de l'aristocratie, et une forte proportion d'entre elles faisaient leur vie dans les couvents. On trouvait là, comme dans celui de San Vito à Ferrare, des musiciennes, qui vouaient leur vie à Dieu, mais à travers la musique : comme Raffaela Aleotti, elles composaient, jouaient, organisaient et dirigeaient les exécutions musicales, et enseignaient aux plus jeunes.

Dans les couvents de Bologne et de Milan ont vécu respectivement Lucrezia Vizzana et Chiara Margarita Cozzolani. Toutes deux ont publié des volumes de pièces religieuses, la publication leur ayant assuré, plus que ne l'auraient fait des manuscrits, une certaine reconnaissance à leur époque, et la sauvegarde pour la postérité. D'autres villes d'Italie, plus petites, avaient également des couvents réputés pour leur musique. Ainsi Novara, dans le Piémont, entre Milan et Turin.

Beaucoup de filles de l'aristocratie rentrent au couvent, pour leur éducation, ou pour prendre le voile ; le niveau musical y est souvent très élevé. Plus de la moitié de la musique publiée par des compositrices au 17ème siècle en Italie du Nord est celle des religieuses. On trouve néanmoins quelques musiciennes professionnelles, comme Maddalena Casulana, la première à se proclamer compositrice, Francesca et Settimia Caccini, et la plus célébre aujourd'hui, Barbara Strozzi.

Pour mesurer l'importance sociale des couvents en Italie aux XVIème et XVIIème siècles, voici quelques chiffres : en 1563, un tiers des filles de l'aristocratie rentraient au couvent avant d'atteindre 20 ans. En 1650 à Milan, c'étaient les trois quarts d'entre elles. Elles n'y rentraient sans doute pas toutes de gaîté de cœur, d'autant plus qu'après le concile de Trente, les règles d'enfermement avaient été resserrées, néanmoins, les liens qu'elles conservaient avec leurs familles influentes leur garantissait probablement une certaine liberté physique ou intellectuelle.

Les musiciennes italiennes voyagent : elles se retrouvent à Vienne et Paris, et fréquentent les cercles toujours très fermés des musiciennes et compositrices, dont on ne garde pratiquement pas de traces. Comme en Italie, les femmes se retrouvaient dans les familles de musiciens, elles étaient organistes, chanteuses, clavecinistes, elles se trouvaient également dans les couvents, là encore organistes ou chanteuses, et les filles de l'aristocratie elles aussi recevaient des leçons de musique jugées indispensables à l'éducation d'une jeune fille.

Jean-Pierre Canihac

LA MUSIQUE AU FEMININ
Compositrices italiennes au XVIIème siècle
[ Création 2018 ]

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Distribution
Stéphanie Révidat, soprano
Hélène Médous, violon
Jean-Pierre Canihac, cornet à bouquin
Daniel Lassalle, sacqueboute
Susan Edward, violoncelle
Matthias Spaeter, théorbe
Yasuko Uyama-Bouvard, orgue


MUSIC BY WOMEN
Italian Female Composers from the 17th Century
[ A 2018 creation ]

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Line-up

Stéphanie Révidat, soprano 
Hélène Médous, violin
Jean-Pierre Canihac, cornett
Daniel Lassalle, sackbut
Susan Edward, cello
Matthias Spaeter, théorbo
Yasuko Uyama-Bouvard, organ