François Villon et l'automne du Moyen-Age - NEWDEAL2018

Ensembles
Ensemble Beatus
Durée totale
00:00
A la fin du moyen-âge l’oeuvre de François Villon renouvelle la vocation du poète par le regard qu’elle pose sur le monde. Cependant, si l’on y regarde de plus près ce regard poético-satirique, existe depuis le XIIe siècle avec certains poèmes de Guillaume IX d’Aquitaine considéré comme le premier troubadour ou encore avec Marcabrun et la tradition du sirventes. Ainsi Villon, poète d’une modernité éblouissante, est entièrement ancré dans la tradition médiévale par la forme et par le fond : « Bailler le bon » « mascher des groseilles » « prendre le frein aux dents » ne sont pas des originalités poétiques mais bien des locutions usuelles courantes que l’on entendait aussi bien dans les cours des princes que sur les marchés parisiens dès le XIIe siècle. Avec l’oeuvre de Villon se décline un panorama exceptionnel du langage haut en couleur du moyen-âge. S’il n’existe qu’un poème de François Villon mis en musique à son époque c’est que l’oeuvre, indomptable, n’est guère en adéquation avec le style courtois qui perdure encore au XVe s. Fidèle à sa vocation d’entremêler passé et présent, cette création est l’occasion pour l’Ensemble Beatus de mettre en musique certains poèmes de François Villon. En contrechamp de cette poésie monumentale nous avons puisé dans les oeuvres de compositeurs du XVe siècle. Deux grands noms se prêtent particulièrement à ce regard sur l’automne du moyen âge : Antoine Busnois exact contemporain de Villon et Jean de Ockeghem qui renouvelle l’écriture musicale avec un attachement aux couleurs plus anciennes de l’art gothique. ______________________________________________ At the end of the Middle Ages the work of François Villon, the greatest French Poet, renews the vocation of the poet by the way he looks at the world in a new light. However, if we look more closely, this poetico-satirical look exists since the twelfth century with some poems of William IX of Aquitaine considered the first troubadour or with Marcabrun and the tradition of sirventes. Thus Villon, poet of a dazzling modernity, is entirely anchored in the medieval tradition by the form and by the bottom: some expressions are well usual common phrases that were heard both in the courts of princes and on the Paris markets as early as the twelfth century. With Villon's work comes an exceptional panorama of the colorful language of the Middle Ages. Only one poem by François Villon was set to music in his time because the work, indomitable, is hardly in adequacy with the courteous style that continues in the fifteenth century. Faithful to its vocation to intermingle past and present, this creation is an opportunity for the Beatus Ensemble to set some of François Villon's poems to music. In contrast to this monumental poetry we drew on the works of composers of the fifteenth century. Two great names lend themselves particularly to this look on the autumn of the Middle Ages: Antoine Busnois exact contemporary of Villon and Jean de Ockeghem who renews the musical writing with an attachment to the older colors of the Gothic art.
Avec l’oeuvre de François Villon, le plus grand poète français, se déroule devant nous, parmi le répertoire du XVe s., tout un panorama exceptionnel de la richesse du langage haut en couleurs du Moyen Age. L’ensemble Beatus en crée la musique pour nos oreilles ébahies et découvre de nouvelles pages de la légende Villon.